Récit d’un séjour au Kosovo en 2008

Quelques lignes écrites après quelques jours passés dans plusieurs villes du Kosovo en août 2008 durant un « road trip » de trois mois au cœur de l’Europe.

La suite du voyage devait passer par l’Albanie puis la Macédoine, évitant donc le sud de la République de Serbie. Indépendant depuis peu, le Kosovo n’a pas très bonne réputation. Il me paraissait néanmoins très opportun d’aller visiter ce pays au début de cette nouvelle liberté pour juger de la situation encore délicate avant les profondes modifications immobilières et des mentalités.
Quelques choses à savoir tout de même : on ne rentre pas au Kosovo par l’Albanie ou la Macédoine en voulant aller en Serbie par la suite, les douaniers serbes ne reconnaissent pas encore cette indépendance et refoulent donc toute tentative de passage considérant que notre présence est illégale sur leur territoire ; il est fortement déconseillé de faire tamponner son passeport à la frontière kosovarde si l’on souhaite visiter la Serbie ensuite ; les assurances automobiles ne couvrent pas encore ce nouvel état, il faut donc souscrire une assurance spéciale à l’arrivée (50 euros les 15 jours pour une voiture classique).
Passés ces quelques détails, mon arrivée au Kosovo a fait tomber tous les préjugés. Première halte a Prizren, grande cité multiethnique : beaucoup d’Albanais, des Musulmans et encore quelques Serbes. Le centre ville héberge mosquées, églises catholiques et orthodoxes à quelques pas l’une de l’autre. Une ancienne forteresse ottomane domine la vallée, des restes de la récente guerre sont aisément visibles et des rénovations sont en cours. Présence militaire et d’autres organisations pour assurer une sécurité « juste au cas où », on ne ressent vraiment aucun danger ou de regard oppressif de la part des habitants. Je n’ai rencontré que des gens accueillants et très ouverts d’esprit, beaucoup plus qu’en France. On est reçu à bras ouverts dans des familles très solidaires et tolérantes.
Certains locaux s’étonnent de voir un touriste trainer ici. Des vieilles maisons, des ruines et des édifices religieux pour seules visites.
Mitrovica (nord du Kosovo), c’est une sorte de Berlin moderne avec sa rivière et son mur plein de tags qui séparent les 2 parties de la ville. Certains militaires de la ville sont Français, des missions de 4 mois pour assurer la stabilité entre les rives nord (Serbes) et sud (Albanais) de la cité. C’est calme ces temps-ci, les Kosovars ont obtenu leur indépendance et préfèrent donc profiter de la vie plutôt que de se confronter aux « autres d’en face ».
Ensuite j’ai failli écraser une vache qui dormait sur la route dans un tunnel (!!!) en allant voir une mine de crystal qui était en fait fermée.
Maintenant dans la capitale Pristina (Prishtinë), grosse zone urbaine mais petit centre ville piéton. La plus grande artère est dédicacée à Mère Teresa, native de la région. Rien à voir à part les bâtiments des Nations Unies et des autres organisations présentes dans le pays. On mange pour quasiment rien, une panse bien remplie pour 2,80 euros dans un petit restaurant de centre ville.
Il faut en tout cas changer notre regard sur ce nouveau petit pays qui se reconstruit difficilement à cause d’une économie assez pauvre.

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