Préparation : le chargement

Tout était prêt, ordinateurs tous configurés et moniteurs testés, voici les étapes du chargement de tout le matériel dans le Peugeot 806. Une couche d’unités centrales couchées pour ensuite poser une quinzaine d’écrans côte à côte. Les cinq derniers sont calés et stabilisent les gros cartons de claviers, souris et divers câbles.

Un chargement d’environ 680kg de matériel informatique (la voiture supporte une charge utile de 715kg avec les sièges) pour un long trajet. Départ ce samedi 11 septembre au matin, arrivée prévue au Kosovo lundi 13 septembre après-midi (revoir le trajet).

Les suspensions fonctionnent encore correctement.

Réservoir d’essence rempli à ras bord : c’est parti !

Préparation : configurer les ordinateurs

Offrir des ordinateurs est une bonne chose, les installer avec tous les logiciels installés est encore mieux. Chaque poste dispose de sa propre licence Windows XP Professionnel. Tous  les logiciels sont installés en Anglais.

  • Windows XP Professional SP3
  • OpenOffice 3.2.1
  • Mozilla Firefox 3.6.9
  • VLC 1.1.4
  • Foxit Reader 4.1
  • 7-Zip 4.65

On pourrait débattre sur le système d’exploitation comme sur la suite bureautique. Le Kosovo n’est pas encore signataire de l’ACAC, Accord commercial anti-contrefaçon, traité international qui lutte pour préserver les droits de propriété intellectuelle, mais ce n’est pas une raison pour encourager le piratage de logiciels.

Pourquoi Windows ? Car les professeurs de l’école ne connaissent pas Ubuntu ou un autre distribution Linux, qu’ils doivent enseigner sur un système qu’ils connaissent, ils utilisent un logiciel scolaire uniquement compatible Windows et les ordinateurs ont chacun leur licence.

Pourquoi OpenOffice ? Sérieux concurrent de Microsoft Office, gratuit et libre, cette suite bureautique est adoptée par de nombreuses entreprises, universités et gouvernements.

Un profil Admin pour les professeurs, protégé par mot de passe, et un profil Student pour les élèves, compte limité pour éviter toute pollution ou mauvaise manipulation.

Préparation : les douanes

Convoyer du matériel à l’étranger implique de demander des autorisations douanières à l’export (France) et à l’import (pays de destination). Alors que les échanges commerciaux sont soumis à de nombreuses paperasses administratives, le transit de matériel pour une mission humanitaire donne droit à des démarches simplifiées pour l’Union Européenne.

Il m’a suffi de remplir une « Attestation d’aide humanitaire » émanant du Bureau des douanes, la faire signer par la Mairie de mon domicile, la faire valider par les Douanes françaises avant de l’envoyer à la Cellule d’urgence du Ministère des Affaires Etrangères et Européennes à Paris.

Le Kosovo n’est pas membre de l’Union Européenne, tout comme d’autres pays des Balkans. Pour simplifier le voyage et ne pas risquer d’être bloqué à certaines frontières pour des histoires de paperasse, le trajet le plus simple a été choisi. L’Albanie reste le seul pays hors UE à traverser, mais le Kosovo est un peu leur région historique et j’aurai un document, rédigé en Albanais, qui me facilitera les discussions.

Voici le formulaire vierge « Attestation d’aide humanitaire » : Continuer la lecture de Préparation : les douanes

Préparation : le trajet

L’idée de base quand on veut se rendre au Kosovo par la route, que l’on soit simple touriste, en voyage d’affaires ou pour une mission humanitaire, il faut absolument éviter de passer par la Serbie, sous peine de se voir refuser l’entrée aux douanes entre ces deux zones. Ceci en raison des tensions déjà expliquées ici.

Divers itinéraires existent depuis Mulhouse (Alsace) :

  1. Suisse, Italie, Slovénie, Croatie, Monténégro, Albanie, Kosovo (ce que j’avais fait en 2008)
  2. Allemagne (via Munich), Autriche, Slovénie, Croatie, Monténégro, Albanie, Kosovo (routes escarpées le long de l’Adriatique)
  3. Allemagne (via Munich), Autriche, Hongrie, Serbie (via Novi Sad, Belgrade et Nis), Macédoine, Kosovo (gros détour)
  4. Suisse, Italie jusqu’au sud, ferry entre Bari et Durres pour arriver en Albanie, Kosovo (chemin le plus court en kilomètres d’automobile)

Pour éviter le maximum de douanes et donc de risques de se faire interdire l’accès aux pays, je privilégie de trajet n°4 pour l’aller et le n°3 pour le retour.

Cet itinéraire a l’avantage de ne traverser que deux pays hors Union Européenne : la Suisse (qui devrait me laisser passer sans problème) et l’Albanie (ce sont les « copains » du Kosovo donc à priori aucun risque de se faire refouler). Le ferry coûte environ 170€ pour une nuit de traversée. Il faut compter trois jours pour arriver à destination.

Au retour, je serai considéré comme simple touriste puisque la voiture sera vide. Pour un trajet plus confortable car majoritairement sur autoroute, je descendrai vers la Macédoine avant de remonter vers le nord pour traverser la Serbie, la Hongrie, l’Autriche et l’Allemagne. Un trajet de 2 500 kms qui pourrait se faire en deux jours.

Préparation : récupérer tout le matériel

Une fois certaines informations prises par l’intermédiaire de Gezim, j’ai pu me mettre en quête du matériel informatique nécessaire pour réaliser ce projet d’informatisation d’une école primaire au Kosovo. Depuis quelques années, j’accumulais du matériel en prévision d’une action de ce type, mais tout était dépareillé et impossible d’équiper une classe entière sur mon propre stock.

Environ 40 élèves composent chaque classe de l’école de Suhareka, on peut donc estimer qu’une vingtaine d’ordinateurs permettrait de tous les impliquer sur l’apprentissage de l’informatique à raison de quelques leçons par semaine.

C’est ainsi que je me suis mis en quête de trouver 20 ordinateurs, si possible identiques pour faciliter la préparation et la maintenance future. Serge et Dominique ont résolu le problème en répondant entièrement à ma demande en me fournissant 20 unités centrales de configuration identique :

  • processeur Pentium 4
  • 512Mo de mémoire vive
  • 40Go de disque dur
  • carte réseau RJ45
  • lecteur CD ou DVD
  • licence Windows XP Professionnel

20 unités centrales récupérées, donc besoin de 20 moniteurs. Pour une utilisation confortable, des écrans cathodiques (CRT) de 17″ ont été préférés en raison du rapport encombrement / poids / taille écran. Des écrans plats (LCD) auraient été l’idéal mais il est très difficile d’en trouver autant pour un don humanitaire.

Des lots de souris et de claviers (français, donc azerty) complètent les configurations de chaque poste de travail.

Non négligeable, il m’a également fallu trouver un routeur pour partager l’accès internet dans la classe informatique (l’inconnu étant de savoir comment arrive internet chez eux : ADSL, câble, 56K ?), des switches pour mettre tous ces ordinateurs en réseau local, des câbles d’alimentation pour les tours et écrans, des câbles réseau RJ45 de différentes longueurs pour adapter la mise en place selon la disposition des tables.

Quelques webcam et haut-parleurs devraient venir compléter ces configurations.

Préparation : le moyen de transport

Pour emporter vingt ordinateurs, j’ai d’abord cherché à louer une camionnette du type des locations en supermarché, mais les 5 000 kms prévus auraient explosé le coût. Et pas sûr que leur assurance couvre un tel pays.

Seconde idée : acheter une vieille camionnette ou monospace. Prix maximum de 1 000 € et fiabilité étaient les critères de sélection. Peu importait le nombre de sièges, l’état esthétique du véhicule, le confort à bord ou la marque, il fallait choisir le moyen de transport idéal pour transporter vingt unités centrales et autant de moniteurs. Difficile de trouver mon bonheur avec un budget aussi serré. Les Volkswagen Transporter sont vendus à prix d’or, même ceux des années 80, les annonces inférieures à 1 000 € affichaient généralement des problèmes mécaniques ou une fiabilité hasardeuse.

Mais c’est Michel qui, par sa générosité et sa transparence, m’a convaincu d’acheter sa voiture, un monospace Peugeot 806 qui, j’en suis sûr, supportera le trajet aller/retour de ce périple dans les Balkans. Un grand merci à lui !

Un grand volume de chargement une fois tous les sièges retirés !

Préparation : trouver l’école

Ayant souhaité réaliser ce « projet humanitaire » de manière indépendante (sans me joindre à une association) et autonome (préparer et partir seul), il me fallait traiter avec le moins d’intermédiaires possibles pour éviter les délais de transmission des informations.

Lors de mon passage en 2008, j’avais pu sympathiser avec Gezim, natif du Kosovo et résident suisse. Il a joué le rôle d’intermédiaire entre des contacts au Kosovo et moi, traduisant également les messages du Français vers et depuis l’Albanais. Ce projet n’aurait pas pu voir le jour sans lui.

C’est seulement fin juillet 2010 que tout s’est éclairci. Gezim a trouvé un professeur d’une école primaire de Suhareka (près de Prizren) prêt à accueillir une classe informatique au sein de son établissement.

Voila un peu de concret. Pendent mes vacances au Kosovo j’ai discute avec un prof d’une école primaire sur ton projet. Actuellement les Ecoles sont au vacances donc fermes, mais vers la fin de mois d’aout on va obtenir un papier qui te permettra de rentre au Kosovo avec ton matériel sans payer de douane. Tu pourras monter une sorte de classe informatique, en réseau et branche sur le net, que les écoliers pourront utiliser. Donc tu peux finaliser ton projet et se préparer pour septembre?
Je te dirais des nouvelles comme elle suivront.

C’est avec ce simple mail que tout a vraiment démarré !

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